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Les parents d’enfants atypiques sont plus exposés au burn-out familial que les autres

Plusieurs études ont montré que les parents d’un enfant neuro-atypique (Dys, TDA/H, HPI) présentent un risque plus important de se retrouver en burn-out familial.

Pour éviter le burnout, le parent d’un enfant neuro-atypique a besoin d’être plus et mieux équipé que les autres parents. Combien de parents d’enfants atypiques ont entendu des professionnels leur reprocher de trop « couver » leur enfant ou l’enseignant leur dire de coucher leur enfant plus tôt afin qu’il soit mieux concentré en classe ? Ces commentaires ne sont non seulement d’aucune aide, mais ils contribuent en plus à l’épuisement des parents.

Alors qu’ils ont  avant tout besoin de soutien, on accable ces parents tant investis dans la scolarité et le bien-être de leur enfant. S’occuper de son enfant atypique, le soir après le travail, est épuisant et la malveillance environnante finit par épuiser les dernières ressources du parent d’enfant atypique.

Les parents d’un enfant atypique doivent plus que les autres apprendre à se protéger afin de sauvegarder leur énergie.

Parents d’enfants atypiques : savoir repérer les signes du burn-out familial

Reconnaitre le burn-out familial

Le burnout familial peut se traduire de cinq manières :

Les symptômes varient d’un parent à l’autre mais tous ont en commun un ou plusieurs des éléments suivants :

Des manifestations émotionnelles.

L’épuisement ressenti par le parent, entraîne un sentiment de perte de contrôle et peut se manifester émotionnellement par des peurs mal définies et des tensions nerveuses. Il se caractérise également par une humeur triste ou un manque d’entrain. Le parent devient irritable, hypersensible, tendu, ou bien ne manifester aucune émotion.

Des manifestations physiques.

Les manifestations physiques sont les plus fréquentes. On note davantage de troubles du sommeil, une fatigue chronique due à un sommeil qui n’est plus réparateur et des tensions musculaires avec des douleurs rachidiennes (dos, nuque). Il y a parfois une prise ou une perte soudaine de poids. Maux de tête, nausées, vertiges sont également observés.

Des capacités cognitives altérées.

Au niveau cognitifs, le burnout affecte les capacités de traitement de l’information dont dispose le parent : diminution de la concentration, difficultés à réaliser plusieurs tâches à la fois, à nuancer, à prendre des décisions. Erreurs mineures, fautes, oublis sont également constatés.

Isolement, agressivité et comportements addictifs.

Le parent peut avoir tendance à s’isoler socialement, à se replier sur lui-même, ou même parfois avoir un comportement agressif. Cela est dû à une diminution de sa tolérance à la frustration qu’il ressent face aux difficultés de son enfant atypique. Moins enclin à l’empathie, le parent  est moins touché par les problèmes des autres membres de la famille.
Se sentant dans une situation sans issue, il peut éprouver du ressentiment et de l’hostilité à l’égard des autres membres de la famille (autre parent, autres enfants). Il peut parfois développer des comportements addictifs pour tenter d’atténuer la tension ressentie : tabac, alcool, tranquillisants, drogues, etc

Dévalorisation et désengagement.

Se sentant dépréciée dans son rôle de parent, il peut se désengager progressivement. Baisse de motivation et moral en berne s’accompagnent d’un effritement des valeurs associées à son rôle de parent. Ne pouvant changer la situation dans laquelle il se trouve, il peut finir par douter de ses propres compétences. Le parent peut alors se remettre en cause et penser qu’il n’est plus capable de s’occuper de son enfant comme avant : il se dévalorise et pense qu’il n’est plus un bon parent.

Que faire pour se sortir du burn-out familial ?

Demander de l’aide et prendre du temps pour soi

Être parent d’enfant atypique, c’est du sport de haut niveau! Et comme tout sportif de haut niveau, vous avez besoin d’être bien préparé mais aussi d’être bien secondé, aidé. Un enfant atypique demande en effet une énergie considérable sur le long terme. Entre toutes les activités nécessaires à son épanouissement, l’accompagnement pour la réalisation des devoirs, etc.. les semaines s’apparentent à une course d’obstacles pour le(s) parent(s) qui n’a plus de temps pour souffler.

Sentez-vous libre et légitime à demander de l’aide à vos proches. Le pire serait de vouloir tout assumer seul·e. Vous faites face à un défi particulier avec votre enfant et vous avez le droit de vous faire aider. N’attendez pas d’être au bord de la crise de nerfs pour le faire. Tout burn-out est lié à un épuisement des ressources quand l’environnement est trop « demandeur ». Il ne faut pas hésiter, par exemple, à faire appel à un professeur particulier formé aux troubles dys et TDAH.

En outre, même si votre emploi du temps est chargé, il faut vous obliger à vous accorder, au minimum une fois par mois, un temps à vous, pour décompresser et recharger vos batteries.

Faire appel à des professionnels formés aux profils neuro-atypiques

Le burn-out enferme le ou les parent(s) qui en souffre dans la honte et la culpabilité. Dès les premiers signes, il est nécessaire d’en parler rapidement avec son médecin traitant ou un professionnel de la santé mentale. Un travail psychologique sur soi-même, sur ses propres désirs et priorités est très important. L’aide d’un psychologue peut être nécessaire pour prendre du recul.

Consultez en priorité des professionnels de santé formés aux profils neuro-atypiques et à l’écoute de vos difficultés. Si vous trouvez que le médecin ou l’orthophoniste ne vous comprend pas ou ne comprend pas votre enfant, changez-en.

La sophrologie a également son rôle a jouer, soit pour prévenir le burn-out familial, soit pour vous rétablir après celui-ci. Cette thérapie psycho-corporelle brève vous permettra en effet de mieux gérer votre stress et vos émotions et vous transmettra des outils à utiliser avec vos enfants. En outre, le réseau des sophrologues atypiques, dont je fais partie, rassemble des professionnels formés et concernés par le sujet. Nous sommes capables de vous transmettre à travers la psychoéducation, des clés pour mieux comprendre le fonctionnement de votre enfant et mieux vous y adapter.

Se faire davantage confiance et échanger avec d’autres parents

Les parents d’enfants atypiques doivent aussi se faire davantage confiance! Écoutez votre intuition, elle vous guidera vers ce qui est le mieux pour vous et votre enfant atypique. N’écoutez plus toutes les bêtises que l’on peut vous servir à longueur de journée.

Vous pouvez aussi rencontrer des personnes très bienveillantes, sur les réseaux sociaux. Il y a des groupes de discussions qui peuvent beaucoup vous aider comme HyperSupers TDAH France ou encore Astuces pour Dys.

Des temps d’échanges avec des associations d’entraide peuvent aussi aider le parent d’enfants atypique à exprimer sa souffrance sans être jugé.